lundi 18 juillet 2016

Les petites reines de Clémentine Beauvais

« L'art, les émotions et la vie sont ce qui arrive quand les 


prévisions, les programmes et les  prédictions échouent. »










Titre : Les petites reines

Auteure : Clémentine Beauvais

Éditions : Sarbacane

Nombre de pages : 270












Quatrième de couverture :



On les a élues « Boudins de l'année » sur Facebook. Mais Mireille Laplanche et ses « boudinettes », Hakima et Astrid n'ont pas l'intention de se lamenter sur leur sort ! Elles ont des mollets, des vélos, et elles comptent bien rallier Bourg-en-Bresse à Paris… pour s'incruster à l’Élysée ! Place aux Petites Reines !


Mon avis :


Après avoir tant entendu parler de ce livre et de son auteure, j'ai enfin jeté un coup d’œil sur cette histoire totalement décalée. Et le moins que je puisse dire c'est que je n'ai pas été déçue.

Les petites reines est un roman vraiment original et drôle de part son humour totalement décalé : d'abord dû à la très grande autodérision de Mireille qui a choisi cette solution pour faire face à toutes ces critiques qu'elle subit, puis également à la situation à peine croyable que, justement, ces critiques et jugements incessants finissent par engendrer. Car, en effet, deux adolescentes de quinze ans et une de douze qui partent en vélo (à vélo) vers Paris, direction l’Élysée, et accompagnées d'un ancien soldat en fauteuil roulant, ça paraît fou et absurde. Et c'est totalement le ressenti que m'a donné ce livre.

L'histoire, au départ, pourrait être assez dure, car, soyons honnêtes, partir avec trois héroïnes élues filles les plus moches de l'année par leurs camarades, ça n'est ni gai, ni simple à aborder. Et pourtant, Clémentine Beauvais relève le défi avec brio, soit avec humour et légèreté, ce qui rend la lecture agréable et même addictive : on n'a qu'une envie, c'est de continuer ce voyage aux côtés de nos quatre personnages.

Ces personnages qui, parlons-en, ont des univers très différents et des vies passées très opposées également, mais qui forment un quatuor parfait qu'on apprend à aimer et auquel on s'attache, en fin de compte, très rapidement. Lors de leur expédition, on les découvre un par un, avec chacun leur histoire, mais également les uns à travers les autres, et on réalise rapidement qu'en fait, ils finissent par s'accepter, eux et leurs vies, grâce à ces nouveaux amis, et à ce pari fou.

Pour finir, je dirais que ça change de ce qu'on peut trouver sur le sujet (sur toute cette grossophobie surtout), et ça fonctionne, parce que du coup, on prend plaisir à lire tout ça, même les moments moins drôles, et plongés dans les regards de ces trois adolescentes qui ne correspondent pas aux critères de beauté requis, on compatit mais sans une once de pitié, ça nous révolte mais sans grande colère. Et, même si ce roman est, de façon évidente, porteur d'un message, ça n'est jamais abordé directement par nos personnages. Aucune d'entre elles ne cherchent se venger de tout ce mal qu'elles reçoivent, elles ne sont pas non plus en quête de reconnaissance, et elles ne cherchent encore moins à militer pour leur cause. Non, en réalité, elles ne font que vivre une aventure folle sur laquelle personne n'aurait parié, et ce sont plutôt les gens autour d'elles (journalistes, réseaux sociaux…) qui se chargent de trouver un sens à leur périple, étant donné qu'elles ont fait le choix de ne pas dévoiler la ou les raison(s) de celui-ci.

C'est donc un roman très agréable et drôle, qui traite avec légèreté, un sujet dur et sensible, et que je conseille fortement à tous.